En quoi une éclipse solaire nous renseigne sur la composition et l’activité du Soleil ? Caroline, 15 ans, France

Bonjour Caroline,
Par un hasard extraordinaire, le Soleil est 400 fois plus large que la Lune mais aussi 400 fois plus loin de nous que la Lune. Ainsi, quand la Lune passe exactement entre nous et le Soleil, elle cache le disque solaire et projette son ombre sur une petite partie de notre planète. Les personnes qui se trouvent sur le passage de l’ombre de la Lune peuvent alors contempler une éclipse solaire.
Les êtres humains ont toujours été fascinés par les éclipses solaires. Mais ce n’est que tout récemment dans l’histoire de l’humanité (dans les derniers siècles !) que certaines personnes ont profité des nouvelles connaissances scientifiques et technologiques pour mieux observer et étudier les éclipses afin d’en apprendre plus sur notre étoile le Soleil. Sans instrument spécialisé, seule une éclipse totale de Soleil nous permet de voir et d’étudier l’atmosphère du Soleil composée de la mince chromosphère et de la plus ou moins large couronne aux formes variables. Ainsi, la forme et surtout l’étendue de la couronne solaire nous renseignent sur le niveau d’activité solaire et sur son cycle. Plus la couronne est étendue, plus l’activité est importante et plus il y a de protubérances (jets de gaz) aussi facilement observables lors d’une éclipse totale de Soleil. L’étude de l’atmosphère du Soleil par spectroscopie (décomposition de la lumière) a permis aux chercheurs d’identifier certains des éléments qui composent le Soleil. On avait même découvert, sur le Soleil, un élément, l’hélium (de hélios qui veut dire Soleil), avant même d’en trouver la trace sur notre planète. Malheureusement, les éclipses de Soleil sont rares et elles ne durent que quelques minutes. En plus, il faut souvent faire de longs voyages pour les observer. Ces voyages sont parfois très périlleux et ils peuvent être gâchés par une couverture nuageuse. Plus récemment, au 19e et 20e siècles, les chercheurs ont développé des moyens techniques qui permettent désormais d’étudier l’atmosphère du Soleil sans devoir attendre une éclipse.
Un de ces instruments se nomme le coronographe. C’est ni plus ni moins un instrument d’optique qui recrée une éclipse de Soleil artificielle en cachant le disque du Soleil et qui permet l’étude de son atmosphère. Cet instrument a été développé par le français Bernard Lyot en 1930. Les nouvelles technologies d’observation du Soleil font en sorte qu’aujourd’hui ceux qui chassent les éclipses sont surtout des amateurs et des passionnés à la recherche de sensations fortes. Pour ma part, je me prépare tranquillement pour la prochaine éclipse totale de Soleil ici à Montréal en... 2024 !
Astronomicalement, Daniel